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Démocratie & Paix

Ne rompons jamais le dialogue

Nos traditions ou cultures africaines sont déterminées par l’arbre à palabre, espace de dialogue pour rétablir l’unité brisée et l’harmonie perdue. Cette analogie de l’arbre à palabre a constitué une clé herméneutique majeure pour définir les conférences nationales en Afrique. Celle du Bénin, d’ailleurs la première et l’unique à succès irrépétible, en fut une expression éloquente : « des hommes et des femmes qui ne se connaissaient pas, dont certains se haïssaient, dont les intérêts s’opposaient, dont les souffrances s’excluaient » (A. Tévoédjrè) acceptent de se mettre ensemble, de se parler et de cheminer pour le bien de la nation. Par le dialogue, s’est ainsi établie la (ré)conciliation dont Mgr Isidore de Souza, était le ministre.

Le dialogue est nécessaire pour éviter et contenir la violence qui d’ailleurs finit toujours par se régler autour de la table. La violence naît et se développe dans les cœurs où a disparu l’aptitude à la communication avec les autres, au nom de la préférence des différends, au détriment du droit aux différences ethniques, culturelles, politiques et religieuses. Benoît XVI soulignait au Palais de la République du Bénin » le 19 novembre 2011 : « la haine est un échec, l’indifférence une impasse et le dialogue une ouverture ». Dialoguons donc toujours entre nous !

Le dialogue assure la (ré)conciliation, indispensable pour la vie familiale, sociale et politique. Il établit des ponts et des passerelles là où se dressent arrogamment murs, obstacles et blocs. Et il y en a que trop aujourd’hui. La (ré(conciliation) constitue alors un défi majeur pour sortir de l’impasse actuelle et de la malheureuse tradition de divisions (ressentiments individuels et collectifs ; rancœurs historiques et culturelles). La conférence nationale fut annoncée le 7 décembre 1989 en même temps que l’amnistie accordée aux béninois exilés, comme espace de dialogue et de (ré)conciliation. Diverses autres initiatives ont été prises, toujours dans ce cadre, par Mgr Isidore de Souza pour l’avènement de la réconciliation (immunité au Président de la République et appel pour une journée nationale de réconciliation comme modalité d’avènement d’un Bénin nouveau). Dans Africæ munus, signée à Ouidah, au n° 157, la réconciliation est indiquée comme condition essentielle du  renouveau et de la paix en Afrique. Réconcilions-nous, maintenant !

Pour éviter les chemins d’impasse, le dialogue et la réconciliation ont besoin d’être institutionnalisés, et sur des bases d’amour, de vérité et de justice. Elles font appel à la raison et au cœur. La réussite de la conférence nationale est due à son président qui sut allier, selon les mots du président Nicéphore Soglo,  « les élans du cœur et les exigences de la raison, dans son action inlassable et résolue pour le triomphe de la vérité, de la justice, du consensus, dans un esprit d’amour, de tolérance, de compréhension et de paix ». Les élans du cœur (amour et compassion) et les exigences de la raison (justice et vérité) sont indispensables pour la vie  des peuples. N’y aurait-il plus dans notre pays des personnalités publiques, des serviteurs de la République, des hommes et des femmes d’Etat qui sachent vivre de raison et de cœur ? La raison sans le cœur est stérile. Le cœur sans la raison est puéril.

La mémoire de la conférence nationale rappelle donc l’urgence, surtout au niveau politique, du dialogue et de la (ré)conciliation. Il s’agit bien de dialogue et non de monologue dans lequel tout en parlant avec ou à l’autre, chacun ne fait que s’entendre. Le monologue conduit à l’entêtement du « J’ai absolument raison ». Le monologue conduit à l’exclusion des autres. Le monologue conduit à la mort. Or, pour le dialogue,  source de vie, comme l’a exprimé au début des travaux de la conférence nationale, Maître Robert Dossou,

« Chacun devra sortir un peu de lui-même pour concéder à l’autre. Chacun devra réduire toute dilatation subjective de son moi afin que l’intérêt collectif l’emporte. Chacun devra s’abstenir de penser que seules ses idées demeurent, son projet de société, l’élément déterminant et exclusif de notre salut commun »

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Source: http://lnx.fondation-afrique-esperance.org/2019/02/27/ne-rompons-jamais-le-dialogue-la-conference-nationale-pour-aujourdhui/

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