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Entrepreneuriat

Le pagne teinté fait aussi partie de la riche tradition africaine dixit Linda Anagonou

Textilienne de formation, Linda Anagonou, une jeune femme de 25 ans, diplômée en Science et métiers d’art s’est spécialisée en art textile, après une formation de 6ans à SOS village d’enfants à Abomey-Calavi. Malgré les difficultés qui jalonnent la pratique de cet art au Bénin, à travers une interview, à nous accordée, elle renseigne sur son métier, ses réalités et exigences.

L’économiste du Bénin : Qu’est-ce qui vous a motivé à embrasser ce secteur d’activités ?

Tout simplement ma passion pour la mode.

En quoi consiste votre travail ?

Mon travail consiste à teinter des motifs ou couleurs voulus dans  un tissu de base au choix (du wooding, du wax, du lin ou du percal simple.) Quand il ne pleut pas, les tissus passent à l’étape du séchage.

C’est un travail qui demande assez d’énergie. Pour moi ce n’est pas difficile parce que cela me passionne. Par contre, les hommes qui travaillent avec moi trouvent que c’est difficile. Je suis capable de teinter 60 yards de pagne en une demi-journée.

Tous les rangs sociaux y ont accès. Parce que comme le pagne ordinaire, nous avons des teintures gamme par gamme.

Comment se présente ce secteur sur le plan économique ?

C’est un secteur en devenir. Quelques collègues et moi avons commencé par exercer depuis quelques années et les clients commencent par se rendre compte qu’ils peuvent avoir du textile de qualité travaillé au Bénin. Le secteur est florissant et cela va faire un boum lorsqu’il sera totalement découvert.

Quels sont vos projets à court, moyen et long termes ?

Je suis en train de préparer un festival pour faire la promotion des tissus teintés. Une manière de montrer les mille et un atouts du tissu teinté à tout le monde. Je ne peux en dire plus pour le moment. Vous serez informés dès que le moment sera venu.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Elles sont d’ordre financier. En effet, les gens vendent des robes à 1000 francs CFA et moi j’achète 12 yards de tissu percal simple à partir de 9.500. Le tissu qui a cousu la robe vendue à 1000 francs CFA est vendu à 100 francs CFA le mètre, si tu veux acheter le rouleau. Quand on touche le tissu des robes de 1000 francs CFA, c’est plus épais que celui que nous teintons. Ce qui fait que les gens se demandent pourquoi nous soutenons que nous avons le meilleur produit alors qu’il est moins épais que le prétendu moins bon. Mais quand le connaisseur touche notre tissu, il sait qu’il a de la qualité entre les mains. Quand tu compares le ‘’tchiganvi’’ au ‘’vlisco’’, au toucher, tu vois que ‘’vlisco’’ n’est pas épais, il est léger en comparaison avec le ‘’tchiganvi’’, mais pourtant ‘’vlisco’’ est plus cher. Mais les gens ne s’en rendent pas compte. Ou ils font semblants.

Quel message à l’endroit de la jeunesse ?

Tout le monde veut être bureaucrate. Et à la fin du mois espérer 50.000 francs CFA. S’il y a de jeunes lecteurs qui parcourent ces lignes, je crois que c’est une chance pour eux. Qu’ils se renseignent au SOS village d’enfants. On peut y accéder avec le BEPC, faire trois ans et en sortir avec un diplôme qui permet de s’installer dans ce secteur très prometteur.

Que peut-on faire pour donner de la visibilité à ce secteur ?

Le pagne teinté fait aussi partie de la riche tradition africaine. Je voudrais demander à mes amis, frères, sœurs, et à l’ensemble de la jeunesse béninoise de commencer par consommer local. Parce que ce n’est que grâce à ça que nous pourrons évoluer. Ce n’est que ce qu’on a chez nous qu’on peut vendre et se développer. On ne se développe pas en vendant ce qu’on a pris ailleurs. Et tant qu’on ne se soutient pas, on ne peut pas se vendre. Angélique Kidjo a toujours un bijou, une perle ou carrément son habit qui parle de ses origines quand elle apparaît en public. C’est de la promotion, de la visibilité qu’elle offre à nos créations.

Je voudrais également inviter les autorités de ce pays à vendre ce qu’ils ont chez eux. Si dix autorités béninoises font chaque jour comme Angélique Kidjo, je crois qu’il y a beaucoup d’avancées qu’on aurait eu et ce dans bon nombre de secteurs d’activités.

 

Interview réalisée par Nafiou OGOUCHOLA

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