Aller à la barre d’outils

Pascal Web TV

Web TV pour promouvoir l'entrepreneuriat, l’employabilité des jeunes et des Femmes au Bénin et en Afrique ainsi que la Démocratie et la bonne gouvernance.

COVID-19 ACTUALITEDéveloppement durableEconomie

COVID19 et bradage des terres

La terre, une manne pour subvenir aux besoins des jeunes et femmes ruraux en cette période de pandémie au COVID19.

Ecrit par Innocent Antoine HOUEDJI, Expert Foncier,

Coordonnateur du Youth Initiative for Land in Africa (Yilaa)

Publié ce Mardi 14 Avril 2020

Tant qu’il reste à faire, nous devons continuer à travailler. C’est dans cette optique que les Etats africains continuent à travailler à la maitrise des paramètres du marché foncier. Mais, la pandémie au COVID19 constitue un handicap de l’heure et surtout en milieu  rural.

Faute de ressources financières pour assurer la période de confinement, la population rurale, grande productrice agricole, s’offre l’opportunité de vendre leurs terres à un prix non conforme à la moyenne du marché. Parfois, ils les bradent à cause d’asymétrie d’information, préjudiciable pour les nouveaux acquéreurs à la recherche de coût très bas de transaction foncière. Les uns et les autres courent des risques énormes de litiges et de perte de ressources affectant le marché foncier capable  d’impacter négativement l’économie agricole après la pandémie. Alors, les Etats africains doivent prendre leur responsabilité.

Quelques Chiffres du Coronavirus  en Afrique:

Le 17 mars 2020, le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique à Brazzaville (Congo) a déclaré que 27 pays ont été touchés par la pandémie du Covid19 et plus de 300 personnes infectées. Des statistiques quasiment doublées en l’espace d’une semaine.

Le Dr Matshidiso Moeti, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, a exhorté les pays africains à changer de fusil d’épaule dans leurs moyens de prévention contre la propagation du Coronavirus, maintenant que la maladie a été officiellement déclarée pandémie mondiale. « Les cas sont peut-être encore faibles en Afrique et nous pouvons les maintenir avec des actions gouvernementales solides pour lutter contre le nouveau coronavirus », avait-il déclaré.

L’institution mondiale de la santé a poussé l’alerte plus loin en demandant aux pays africains de se réveiller. En ce moment, les pays touchés étaient estimés à 27. Aujourd’hui, les choses semblent de plus en plus échapper aux gouvernants africains qui n’ont pas pris très tôt la mesure de la situation.1

Impact du COVID19 sur le foncier Rural : bradage de terres

La population africaine étant plus de 70% jeunes selon les chiffres du rapport spécial de The World’s Youngest Populations. 40% des personnes touchées  sont des jeunes. Ceci créé une psychose générale au sein des jeunes et femmes en milieu urbain et constitue un grand risque au sein des jeunes et des femmes ruraux surtout analphabètes maîtrisant peu les règles de gestes barrières à la pandémie au COVID19.

Or la production agricole africaine est assurée par plus de 80% de la main d’œuvre des jeunes et des femmes ruraux.

Le COVID19 impose ainsi à ces ruraux de réduire leur degré d’activité se conformant aux consignes des gouvernements à cet effet.

Ce qui fait assister:

  • Au déplacement des bornes des parcelles et des frontières créant des litiges entre personnes physiques et collectivités locales ;
  • A l’insolvabilité des emprunts hypothécaires ou au retard de remboursement des prêts et gages contractés par ces ruraux pour le financement de leurs activités agricoles créant une crise au sein des institutions financières;
  • Au bradage des terres pour survenir aux besoins familiaux pour cause de confinement.

Nous constatons en ces temps de confinement dû à la pandémie au COVID19 un terrible bradage des terres en milieu rural car le système économique est paralysé. Les marchés d’écoulement des produits agricoles connaissent un climat morose ou presque fermés et dans un chao total. Alors, ces pauvres jeunes et femmes paysans ont bien l’obligation de satisfaire aux besoins de leur famille. Les terres sont aux enchères à coûts très bas.

A cette allure, si les Etats africains ne font rien, les dégâts et litiges fonciers après la crise au COVID-19 seront énormes surchargeant davantage nos tribunaux et les institutions étatiques de régulation foncière.

Alors, il est capital de prendre des dispositions de sécurisation foncières des domaines de l’Etat et des domaines des particuliers. Par conséquent, Chaque Etat africain doit sensibiliser les jeunes et femmes ruraux pour éviter le bradage de  leurs terres qui accueilleront les projets agricoles de production intensive afin de combler le gap qu’aurait laissé le confinement causé par la pandémie au Covid-19.

Somme toute,  la pandémie au Covid19 influence énormément le foncier rural en Afrique et nos Etats doivent mettre en place rapidement un plan de contingence à cet effet.

Que doivent faire les Etats ?

  • La mise en place d’un plan de sensibilisation des populations de non bradage des terres en ce temps de Confinement de la pandémie au COVID19 ;
  • La mise en place d’un plan de sécurisation des domaines privés et publics de l’Etat évitant leur bradage par la population
  • La mise en place d’un plan de recadrage des coûts de transaction foncière en cette période de pandémie.

A cet effet, le Youth Initiative for land in Africa (Yilaa) reste disponible à accompagner les Etats dans cette lutte noble en cette période de pandémie au COVID19 à travers son projet « COVID19, STOP au bradage des terres ».

Comment here

Dutch Dutch English English French French